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La secrétaire d'État au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, a profité d'un déplacement à Singapour, en Malaisie et au Cambodge pour remettre, mardi soir, au gouvernement malais une lettre d'intention dans laquelle la France propose au pays de l'aider à développer son programme nucléaire.
La Malaisie a en effet décidé de se doter d'une première centrale en 2021. Construite en partenariat par la société d'État Tenaga, elle aurait une puissance de 1000 mégawatts, pour un coût évalué à 3,1 milliards de dollars. «Mais nous voulons prendre notre temps afin que la population soit bien prête à accepter le nucléaire» , prévient Peter Chin, ministre de l'Énergie.
Dans sa lettre, la France précise qu'il s'agira, dans un premier temps, d'«évaluer les besoins de la Malaisie et son potentiel de développement » et d'«échanger des informations scientifiques et techniques ». Pas question de précipiter les choses. Mais, en réalité, elle place ses pions pour décrocher la signature d'un accord-cadre et devancer trois concurrents : le Japon, la Chine et la Corée du Sud. Corée du Sud face à laquelle Paris n'a pas oublié l'échec d'Abu Dhabi. Séoul, déjà, fait des offres pour former des ingénieurs malaisiens et passé un accord de coopération avec une université de la capitale.
La Malaisie, qui dépend pour son approvisionnement en énergie, à 58 % des hydrocarbures, à 33 % du charbon et à 9 % de l'hydroélectricité, voudrait voir la part du nucléaire passer à 10 % en 2030. Mais elle sait qu'elle risque d'affronter une sérieuse opposition dans le pays. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles le gouvernement s'est lancé en parallèle dans une «nouvelle politique nationale de promotion des technologies vertes». Il a même créé, l'an dernier, un ministère à part entière pour la piloter.
Kuala Lumpur, qui est en passe de devenir l'un des centres les plus importants dans le monde de fabrication de cellules photovoltaïques, souhaite que les énergies renouvelables permettent de créer un véritable tissu industriel privé, novateur, dans un pays où l'on estime que l'État pèse trop lourd sur l'économie et que les initiatives individuelles sont trop peu nombreuses.
La Malaisie, qui a créé un fonds de quelque 200 millions d'euros destiné à stimuler la recherche dans les petites et moyennes entreprises, prévoit ainsi, et grâce à des incitations fiscales, d'atteindre, hors hydroélectricité, 6 % d'énergie verte en 2015 et 11 % en 2020.
Les entreprises françaises comptent bien en profiter. «Elles sont les bienvenues», affirme Peter Chin. Et Paris n'oublie pas que derrière la Malaisie, l'Indonésie, la Thaïlande et le Vietnam pensent aussi au nucléaire.
Source: lefigaro.fr
Barack Obama a fait un parallèle entre le 11-Septembre et la marée noire, jugeant que la catastrophe écologique allait pousser les Etats-Unis à exploiter des sources d'énergie autres que le pétrole, lors d'un entretien avec le quotidien américain Politico.
"De la même façon que le 11 septembre 2001 a durablement modelé la manière dont nous percevons nos faiblesses et notre politique étrangère", a expliqué le président américain, la marée noire - la pire de l'histoire des Etats-Unis - "va nous pousser à repenser notre politique environnementale et énergétique pour les années à venir".
"Il est temps [..] d'opérer la transition" d'une économie reposant sur le pétrole vers de nouvelles sources d'énergies, a dit Barack Obama, qui depuis sa campagne présidentielle a fait des énergies renouvelables la pierre angulaire de sa politique énergétique à long terme.
Le développement foisonnant des biocarburants rend indispensable un encadrement de ce nouveau type d'énergie, afin de s'assurer que les produits utilisés ne proviennent pas de plantations cultivées aux dépens de forêts tropicales et que les gains en termes de réduction d'émissions de CO2 sont bien réels. Comme elle s'y était engagée en 2009, lors de la mise au point de la directive sur les énergies renouvelables, la Commission européenne a donc publié, jeudi 10 juin, des documents définissant les critères de durabilité des agrocarburants et la certification qui en découlera.
Ces documents ont suscité des commentaires déçus des associations de défense de l'environnement, qui regrettent l'absence de référence au problème du changement indirect d'utilisation des sols au profit des biocarburants et pointent des lacunes dans les textes, qui offrent la possibilité aux industriels d'éviter certaines contraintes.
L'objectif est clair pour tous : selon la directive européenne, qui entrera en vigueur en décembre, les pays membres devront utiliser au moins 10 % d'énergies renouvelables dans les transports en 2020. En 2008, cette part s'élevait à 3,4 %. Plusieurs technologies répondent à cet objectif : véhicule électrique, fonctionnant à l'hydrogène ou avec des biocarburants. Dans les faits, ce dernier mode de propulsion se taillera la part du lion : de l'ordre de 8 % à 9 % de la consommation totale, selon des membres de la direction de l'énergie de la Commission.
Pour mériter l'étiquette "durables", les biocarburants devront satisfaire à un certain nombre de critères, a rappelé, jeudi, Gunther Oettinger, le commissaire européen responsable de l'énergie. Et il n'y aura pas d'aides à l'investissement ou de réduction de taxes sans ce label.
Le premier critère retenu se rapporte à la protection de la biodiversité. L'allocation de terres à la production d'agrocarburants ne doit pas se faire aux dépens de forêts naturelles, de zones protégées, de zones humides ou de tourbières. Il s'agit d'éviter que les biocarburants n'aient un effet direct négatif sur ces zones naturelles, dégradant l'environnement et provoquant une augmentation des émissions de gaz à effet de serre.
Revenant sur un point qui a fait débat ces derniers mois, la Commission a précisé que les plantations d'huile de palme destinée à la fabrication de biocarburants ne pouvaient pas être considérées comme des forêts naturelles, et ne pouvaient donc pas remplacer ces dernières de manière neutre pour l'environnement.
Mais, regrette Nusa Urbancic, de l'organisation non gouvernementale (ONG) Transport & Environment, "l'effet indirect des biocarburants n'a pas été pris en compte par la Commission". L'effet indirect du changement d'affectation des sols se produit lorsque la production d'agrocarburants est installée sur une terre au détriment d'une activité agricole, qui, du coup, est déplacée sur une autre zone, où elle est implantée, cette fois, au détriment d'une forêt tropicale, par exemple. "Tant que ce point de l'effet indirect sur les sols ne sera pas abordé dans les critères, les biocarburants ne pourront pas être véritablement considérés comme durables", ajoute Nusa Urbancic.
L'autre critère important aux yeux de Bruxelles a trait aux performances des agrocarburants. Seuls seront considérés comme "durables" ceux qui permettent des réductions d'émissions de gaz à effet de serre d'au moins 35 % par rapport à l'essence ou au diesel. En 2017, cette réduction devra s'élever à au moins 50 %.
Pour imposer le respect de ces principes, la Commission propose la mise en place d'une certification, d'un label qui s'appliquera à tous les biocarburants utilisés, qu'ils aient été produits en Europe ou dans un pays tiers. Près de 26 % du biodiesel et 31 % du bioéthanol consommés en Europe en 2007 étaient importés, en grande partie depuis le Brésil et les Etats-Unis.
Complexe à mettre en place en Europe à cause de la nécessaire mise au point de procédures et d'instruments de mesure pertinents, la certification pourrait se révéler encore plus délicate à contrôler en dehors de l'Union : l'efficacité du système dépendra de l'indépendance des auditeurs responsables des contrôles sur toute la chaîne de production, de l'agriculteur au distributeur en passant par le négociant.
Par ailleurs, les unités de production de biocarburants tournant déjà en janvier 2008, ou dont une partie était déjà opérationnelle à l'époque, seront exemptées de respect des nouveaux critères jusqu'en avril 2013. Cela fait craindre aux ONG que les industriels ne cherchent ainsi à échapper aux critères jusqu'à cette date.
"Nous ne sous-estimons pas les risques (de dérives) autour de cette certification, notamment dans la reconversion de sols ", a reconnu Gunther Oettinger. Dans les prochaines années, précise-t-il, "nous verrons si ce certificat devient une norme en Europe et dans le reste du monde. D'ici là, nous allons le tester sur le marché".
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Article paru dans l'édition du 28.05.10
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Le dossier des éoliennes risque fort de cristalliser l'opposition lors de l'examen de ce texte. Les participants au Grenelle avaient plaidé pour une "réduction du contenu en carbone de l'offre énergétique française" en augmentant la part des énergies renouvelables à "20 %, voire 25 % en 2020". Le récapitulatif des engagements du Grenelle précise que l'éolien fait clairement partie des options possibles, aux côtés de l'énergie géothermique, photovoltaïque ou hydraulique.
Le député UMP Patrick Ollier a rédigé des amendements à l'article 34 du projet de loi durcissant les formalités et autorisations nécessaires à la construction d'éoliennes. Si les amendements sont votés, ils favoriseront les grands parcs au détriment des éoliennes isolées. En effet, "ces installations doivent constituer des unités de production d'une puissance installée au moins égale à 15 mégawatts et composées d'un nombre de machines électrogènes au moins égal à cinq", précise l'amendement.
Surtout, sous l'influence des groupes de pression éoliens qui ont gagné en importance depuis le Grenelle, un parc éolien serait assimilé à une installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE), définie comme une "exploitation industrielle ou agricole susceptible de créer des risques ou de provoquer des pollutions ou nuisances, notamment pour la sécurité et la santé des riverains". Si ces "réglementations sournoises" étaient adoptées, cela "reviendrait à rendre les implantations d'aérogénérateurs tellement incertaines sur le plan du risque juridique que toute une filière prometteuse et porteuse d'emplois sera directement menacée", redoutent plusieurs élus du sud-ouest de la France dans une lettre ouverte à Jean-Louis Borloo, publiée sur Le Monde.fr