Le Salon parisien des énergies renouvelables vient de fermer ses portes et le solaire y a occupé une large place. Ce n'est plus l'installation de chauffe-eau solaires qui séduit (en recul l'an dernier), mais la filière de production d'électricité photovoltaïque. Celle-ci est soutenue par des avantages fiscaux:les particuliers peuvent récupérer en crédit d'impôt jusqu'à 8.000 euros s'ils font installer des panneaux solaires. Ils peuvent aussi vendre l'électricité produite à EDF sur la base d'un prix très attractif de 58 centimes le kilowattheure. « Nous sommes en pleine bulle photovoltaïque, estime Stéphane Maureau, PDG d'Evasol, l'un des principaux installateurs en France.
Ces aides ont permis de créer un marché français, c'est une très bonne chose, mais cela a aussi attiré des intervenants sans compétences spécifiques.» Il faut donc rester vigilant avant de se lancer. «Un investissement ne peut être écologique et rentable que s'il dure», rappelle-t-il. Il conseille de s'assurer que les panneaux solaires sont bien garantis vingt-cinq ans. Autre point essentiel, selon lui, la garantie décennale. L'essentiel des litiges dans le secteur du solaire concerne des problèmes d'étanchéité de la toiture. Mieux vaut être sûr que le poseur est assuré, spécifiquement pour des travaux d'installation de panneaux solaires. De son côté, Franck Chevrel, directeur de France Panneaux Solaires, une enseigne en forte croissance, rappelle que la production réelle d'électricité par les panneaux est un élément fondamental de la rentabilité.
Une installation moyenne (de 3 kilowatts) doit ainsi rapporter entre 2.340 euros par an à Toulouse et 1.440 euros à Lille. Ce qui permet un retour sur investissement entre sept et douze ans. Pour plus de détails, le Groupement des particuliers producteurs d'électricité photovoltaïque propose une mine de renseignement sur internet (http://forum-photovoltaique.fr).
2010 a été déclarée Année internationale de la Biodiversité par l'Organisation des Nations unies. L'objectif est simple : alerter les gouvernements et l'opinion publique sur l'état et les conséquences du déclin de la biodiversité dans le monde. C'est en avril 2002, à l'occasion de la sixième réunion de la Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique que les gouvernements se sont engagés à diminuer significativement, d'ici 2010, le rythme actuel de perte de la biodiversité.
La biodiversité représente l'extraordinaire variété du vivant sur notre planète. Elle joue un rôle fondamental dans le fonctionnement des systèmes naturels qui fournissent de multiples biens et services essentiels à la survie de l'humanité. Pourtant la diversité biologique est en danger. La dégradation est dramatique. Les promesses faites en 2002 n'ont pas été tenues.
Le point d'orgue de cette année est fixé à Nagoya (Japon) en octobre, où les 190 pays signataires de la Convention sur la diversité biologique feront le point sur "l'Objectif 2010" et établiront un plan de lutte pour les années à venir. On le sait déjà, l'objectif de freiner la perte de la diversité biologique en 2010, qu'elle concerne la diversité génétique, la diversité des espèces ou la diversité des écosystèmes, n'a pas été tenu.
Pourtant, nous savons que le rôle de la biodiversité est essentiel à la vie humaine sur la planète. Je suis au regret de constater que les solutions qui existent n'ont pour l'heure pas été mises en œuvre. Manque de courage ? D'ambition ? De compétence ?
C'est vrai, il y a une plus grande prise de conscience aujourd'hui. C'est vrai, nous sommes à présent tout à fait lucides sur les risques des changements climatiques dans notre vie quotidienne. C'est vrai, nous avons à présent compris que la perte des abeilles du fait de l'utilisation à outrance de pesticide pourrait entraîner de graves conséquences sur les éco-systémes Si nous continuons à détruire les formes de vie au rythme actuel, nous mettons en danger l'avenir de nos enfants !
NOUS AVONS TOUS UN RÔLE À JOUER
Permettez-moi de citer quelques chiffres sur l'une des espèces les plus menacées de la planète que je connais particulièrement, les grands singes. Près de la moitié des singes et grands singes sont en danger d'extinction. Quand j'ai commencé mes recherches sur les chimpanzés en 1960, il y avait bien plus d'un million de chimpanzés à travers l'Afrique. Aujourd'hui, il n'en reste pas plus de 300 000. Les orangs-outans perdent leurs forêts à un rythme terrifiant, par le développement de l'exploitation de l'huile de palme pour l'alimentation et les biocarburants.
En Afrique, le nombre de gorilles a diminué de 60 % au cours de ces vingt-cinq dernières années. Les menaces qui pèsent sur les grands singes et les autres espèce continuent pour des raisons que nous connaissons parfaitement : déforestation et destruction de leur habitat naturel, commerce de la viande de brousse et braconnage. Si cette situation est alarmante, il ne faut pas perdre de vue que la biodiversité, concept global, concerne toutes les espèces que vous pouvez croiser tous les jours dans vos villes et vos campagnes. Il est donc important de réaliser que chacun de nous peut faire une différence dans notre vie quotidienne.
Chacun peut changer le cours des choses à son niveau. Chacun de nous compte, chacun de nous a un rôle à jouer. Ici et maintenant, chacun peut agir en cultivant son jardin sans utiliser la chimie et les produits phytosanitaires. Vous pouvez choisir de consommer des produits labellisés et issues de l'agriculture biologique qui intègrent la protection de la biodiversité dans leur cahier des charges. Vous pouvez choisir de manger moins de viande car l'élevage intensif des animaux a un effet dévastateur sur l'environnement par les rejets de méthane qui créent plus de gaz à effet de serre chaque année que les émissions de CO2 de toutes les automobiles et les avions de la planète ! Vous pouvez installer des panneaux solaires et réduire vos déchets. Vous pouvez privilégier les déplacements à vélo ou à pied.
En sensibilisant encore et toujours sa famille, ses voisins, ses amis et collègues de bureau aux dangers de certains aliments (l'huile de palme, par exemple, dont les plantations de palmiers en Indonésie remplacent l'habitat naturel des orangs-outans et génèrent également de véritables ethnocides). L'avenir de la biodiversité est aussi entre vos mains de consommateurs. Les différentes formes de vie de notre planète, l'avenir de nos enfants sont entre vos mains. Ensemble, nous pouvons changer le monde.
Jane Goodall, messager de la paix des Nations unies, présidente d'honneur de l'Institut Jane Goodall France.
Vertes, roses, recouvertes d'une « peau » textile et équipées de capteurs solaires et de murs végétalisés, de drôles de maisons se sont installées, pour quatre mois à Paris, dans le 4e arrondissement, face au Pavillon de l'Arsenal. A mi-chemin entre logement collectif et habitat individuel, les maisons « be-green » - c'est leur petit nom - sont dotées d'espaces partagés et d'une empreinte écologique minimale. Elles sont nées d'un constat simple : si tous les habitants de la planète vivaient comme la moyenne des Français, il nous faudrait au moins trois planètes Terre. « Il ne s'agit pas d'aménager des blockhaus thermiques ni de revenir à l'âge de pierre, mais de construire des maisons environnementales agréables à vivre, avec une lumière naturelle, confortables et sans que ce soit au détriment de la planète », explique leur concepteur, l'architecte Eric Justman. Les maisons « be-green » sont agencées en trois blocs : au centre, les espaces partagés (entrée, patio, local technique et local à vélos) et, de part et d'autre, une maison à énergie positive de 90 m2 et une maison basse consommation de 60 m2, soit deux espaces privés indépendants, équipés et aménagés avec les dernières innovations technologiques, pour réduire au maximum la consommation d'énergie. L'ensemble présente un bilan énergétique proche de zéro.
Martine Picouët
Source: lemonde.fr
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1. Les émissions de gaz à effet de serre diminuent grâce aux nouvelles voitures 2. La production des énergies renouvelables progresse en moyenne 3. La pollution des sols et des eaux souterraines continue de s'aggraver 4. La biodiversité recule malgré les mesures de protection de la nature 5. Le stockage des déchets radioactifs reste un casse-tête |
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Le développement foisonnant des biocarburants rend indispensable un encadrement de ce nouveau type d'énergie, afin de s'assurer que les produits utilisés ne proviennent pas de plantations cultivées aux dépens de forêts tropicales et que les gains en termes de réduction d'émissions de CO2 sont bien réels. Comme elle s'y était engagée en 2009, lors de la mise au point de la directive sur les énergies renouvelables, la Commission européenne a donc publié, jeudi 10 juin, des documents définissant les critères de durabilité des agrocarburants et la certification qui en découlera.
Ces documents ont suscité des commentaires déçus des associations de défense de l'environnement, qui regrettent l'absence de référence au problème du changement indirect d'utilisation des sols au profit des biocarburants et pointent des lacunes dans les textes, qui offrent la possibilité aux industriels d'éviter certaines contraintes.
L'objectif est clair pour tous : selon la directive européenne, qui entrera en vigueur en décembre, les pays membres devront utiliser au moins 10 % d'énergies renouvelables dans les transports en 2020. En 2008, cette part s'élevait à 3,4 %. Plusieurs technologies répondent à cet objectif : véhicule électrique, fonctionnant à l'hydrogène ou avec des biocarburants. Dans les faits, ce dernier mode de propulsion se taillera la part du lion : de l'ordre de 8 % à 9 % de la consommation totale, selon des membres de la direction de l'énergie de la Commission.
Pour mériter l'étiquette "durables", les biocarburants devront satisfaire à un certain nombre de critères, a rappelé, jeudi, Gunther Oettinger, le commissaire européen responsable de l'énergie. Et il n'y aura pas d'aides à l'investissement ou de réduction de taxes sans ce label.
Le premier critère retenu se rapporte à la protection de la biodiversité. L'allocation de terres à la production d'agrocarburants ne doit pas se faire aux dépens de forêts naturelles, de zones protégées, de zones humides ou de tourbières. Il s'agit d'éviter que les biocarburants n'aient un effet direct négatif sur ces zones naturelles, dégradant l'environnement et provoquant une augmentation des émissions de gaz à effet de serre.
Revenant sur un point qui a fait débat ces derniers mois, la Commission a précisé que les plantations d'huile de palme destinée à la fabrication de biocarburants ne pouvaient pas être considérées comme des forêts naturelles, et ne pouvaient donc pas remplacer ces dernières de manière neutre pour l'environnement.
Mais, regrette Nusa Urbancic, de l'organisation non gouvernementale (ONG) Transport & Environment, "l'effet indirect des biocarburants n'a pas été pris en compte par la Commission". L'effet indirect du changement d'affectation des sols se produit lorsque la production d'agrocarburants est installée sur une terre au détriment d'une activité agricole, qui, du coup, est déplacée sur une autre zone, où elle est implantée, cette fois, au détriment d'une forêt tropicale, par exemple. "Tant que ce point de l'effet indirect sur les sols ne sera pas abordé dans les critères, les biocarburants ne pourront pas être véritablement considérés comme durables", ajoute Nusa Urbancic.
L'autre critère important aux yeux de Bruxelles a trait aux performances des agrocarburants. Seuls seront considérés comme "durables" ceux qui permettent des réductions d'émissions de gaz à effet de serre d'au moins 35 % par rapport à l'essence ou au diesel. En 2017, cette réduction devra s'élever à au moins 50 %.
Pour imposer le respect de ces principes, la Commission propose la mise en place d'une certification, d'un label qui s'appliquera à tous les biocarburants utilisés, qu'ils aient été produits en Europe ou dans un pays tiers. Près de 26 % du biodiesel et 31 % du bioéthanol consommés en Europe en 2007 étaient importés, en grande partie depuis le Brésil et les Etats-Unis.
Complexe à mettre en place en Europe à cause de la nécessaire mise au point de procédures et d'instruments de mesure pertinents, la certification pourrait se révéler encore plus délicate à contrôler en dehors de l'Union : l'efficacité du système dépendra de l'indépendance des auditeurs responsables des contrôles sur toute la chaîne de production, de l'agriculteur au distributeur en passant par le négociant.
Par ailleurs, les unités de production de biocarburants tournant déjà en janvier 2008, ou dont une partie était déjà opérationnelle à l'époque, seront exemptées de respect des nouveaux critères jusqu'en avril 2013. Cela fait craindre aux ONG que les industriels ne cherchent ainsi à échapper aux critères jusqu'à cette date.
"Nous ne sous-estimons pas les risques (de dérives) autour de cette certification, notamment dans la reconversion de sols ", a reconnu Gunther Oettinger. Dans les prochaines années, précise-t-il, "nous verrons si ce certificat devient une norme en Europe et dans le reste du monde. D'ici là, nous allons le tester sur le marché".